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Artisanat - Lutherie

Artisanat - Lutherie

Les instruments de musique s'ancrent dans la tradition depuis des années.

De Zyriab à nos jours. on aura remarqué que la musique était partie de la vie de toute civilisation. Sous nos cieux, l'héritage mélodieux du Châabi et les noubas andalouses, se mêlent finement aux envolées lyriques du Hawzi.

La musique était et demeure consommée avec délectation par nos pères.
C'est ainsi que les artisans luthiers et les fabricants vont apparaître pour répondre à des besoins sans cesse croissants.

Les instruments de musique sont faits de matériaux divers adaptés aux régions et aux styles musicaux. En général. l'instrument dc musique est le même sur tout le maghreb arabe et les influences multiples qui se sont succédées en Afrique du Nord marquent cette région d'un sceau d'originalité.

Ghaytas, luths, qanouns et flûtes sont des instruments fabriqués et dédiés à des maîtres de la musique, ce qui explique que d'autres grands maîtres luthiers mettront au service de l'art, leur doigté et leur savante expérience pour réaliser de belles oeuvres en matériaux d'une noblesse infinie.

Quelques villes se sont distinguées dans la fabrication des instruments de musique. Blida, Alger ou bien Tlemcen.

 

Tlemcen

Cette ville est reconnue pour sa richesse artistique pluridisciplinaire, l'on a d'ailleurs tendance à considérer cette ville comme étant la doyenne dans la musique et le chant andalous.

Au début du siècle, le nom de Ben-El-M'ssayeb, poète populaire hors pair retentissait sur la scène artistique.

Le maître sera suivi du non moins célèbre Abdelkrim Dali ainsi qu'une génération entière d'avant guerre qui a construit les fondements basiques d'un art musical atypique autour duquel est venue se greffer une industrie toute aussi renommée que vitale dont le rôle principal fut de pérenniser la musique andalouse.

Ce sont donc des ateliers qui vont se créer naturellement dans les anciens quartiers de la ville de Tlemcen pour nous produire des luths, qanouns, mandoles et mandolines .


La matière première est fournie par du bois de noyer qui va constituer l'armature de tous les instruments qui seront réalisés selon des normes liées intimement à la qualité sonore et à l'esthétique. La fabrication se fait d'abord à partir d'un gabarit, la forme de l'instrument est esquissée.

 

Le Qanoun

Le qanoun est un peu la cithare ou la harpe arabe, il est de forme trapézoïdale reposant sur quatre pieds. Ce meuble est fait dans du bois de noyer. Sur la base de sa partie supérieure on colle une peau de mouton afin d'en augmenter la sonorité.

 

Le Luth

Pour ce qui concerne les luths; le gabarit est maintenu plus longtemps en vue d'obtenir la forme galbée de l'instrument. Ce dernier est ensuite disposé sur une armature en feuilles de noyer, fixé à la colle blanche, on obtient alors une coque.

L'instrument est alors couvert par une feuille de noyer plus épaisse c'est là qu'on vient fixer les décors en arabesques dessinés sur du liège.

Le manche est ensuite fixé au corps de l'instrument par un système de mortaise à laquelle sont ajoutés de la colle et des clous. le polissage est ensuite effectué et le vernissage constitue une avant dernière étape avant la mise en place des six cordes qui passent dans les fentes d'un chevalet en liège fixé à l'extrémité inférieure.

 

Le Rebbab

 

Laghouat

Les instruments de musique de Laghouat ont une consonance bédouine qui font régner en maître incontesté la flûte, le bendir et la ghaïta .

La flûte est fabriquée à base de roseau et la sonorité dépend de la longueur du roseau.
Les ouvertures circulaires sur la flûte influent sur la gamme musicale selon leur nombre et leur position.

Le mezoued ressemble beaucoup à la cornemuse d'Ecosse, il se présente sous la forme d'une peau de mouton ou de chèvre cousue comme une outre avec deux ouvertures opposées. Sur la première vient se fixer un embout métallique qui sert à souffler.

De la deuxième ouverture sortent deux trompes en corne ou en ivoire sur lesquelles sont pratiquées des ouvertures pour le jeu.

La ghaïta par contre est une sorte de trompette en bois de noyer ou en fer (cuivre) dont l'épaisseur ne dépasse pas quatre centimètres de diamètre; la ghaïta est utilisée en soufflant sur l'embout, le son jaillit de l'extrémité inférieure qui est une sorte de cône métallique; comme pour la flûte on remarquera que sur la ghaïta sont réalisées des ouvertures circulaires sur le long du corps de l'instrument pour donner des notes, et varier ainsi les gammes.

 





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